Le meuble ancien de Flandre, Artois et Picardie

La tradition du meuble est l'une des plus anciennes qui soient.
C'est sans doute la raison pour laquelle les styles gothique et Renaissance ont conservé si longtemps une influence prépondérante.
De tous mobiliers régionaux le mobilier flamand est sans aucun doute le plus travaillé.

Le décor du mobilier
II est abondant et d'un grand relief même si la forme générale reste rectiligne.
Les sulptures importantes ne sont pas rares: elles témoignent d'un goût prononcé pour la mythologie (dragons, masques, etc.).
Si l'Artois et la basse Picardie ont subi l'empreinte flamande, elles en ont simplifié l'ornementation.
La haute Picardie ajoute à cette influence celles de la Champagne et de l'ile-de-France.
Le mobilier de cette région est un peu moins caractéristique.
Le fer et le cuivre sont abondamment employés tant aux poignées et aux entrées de serrures qu'à l'ornementation.
la marqueterie et les oppositions de bois de différentes teinte sont presque inconnues.

Les armoires
Les plus anciennes ont l'apparence de grands coffres. Elles sont à deux portes, sans tiroir.
Chaque porte est divisée en nombreux panneaux (9 ou 12) qui supportent une décoration importante. La corniche est droite, les pieds très courts. Les ferrures sont larges et parfois ciselées.
Par la suite l'armoire devient plus haute et le nombre panneaux diminue.
Les pieds sont alors en forme de sphères aplaties.

En Artois et en Picardie le modèle le plus ancien n'existe pas.
L'armoire ou «presse», répandue dans ces deux régions est un meuble utilitaire peu sculpté.
Les vantaux sont divisés en trois panneaux moulurés. Le faux battant du centre est très étroit et généralement uni.

Les buffets
Ce sont les meubles flamands par excellence.
Il en existe de toutes sortes.
Les plus simples et les plus courants sont des buffets bas ou « dressées » à deux ou quatre portes fortement moulurées.
Les tiroirs superposés sont placés au centre.
Les pieds sont cambrés. Le décor est d'ordinaire sobre et stylisé. Le buffet à deux corps superposés comporte quatre portes et n'a pas de tiroir.
Il n'y a pas de décrochement entre le corps du haut et celui du bas. Les vantaux sont divisés en petits panneaux à caissons ou sculptés et encadrés par des colonnettes torsadées.
Les pieds sont des sphères aplaties. On trouve aussi un buffet de ferme à deux corps: le « spinder». Il comprend quatre portes, les deux corps sont séparés par un ou deux tiroirs.
Les vantaux sont décorés de motifs stylisés, creusés en claire-voie, de façon à ménager l'aération de ce meuble qui servait de garde-manger.
La « traite» est un buffet bas, très long, qui peut avoir jusqu'à huit portes surmontées chacune d'un tiroir (ou bien d'un seul tiroir au centre).
Les panneaux des portes sont simplement moulurés, mais les panneaux fixes reçoivent une ornementation variée: motifs floraux, rosaces, coquilles.
Ce buffet, d'un style si particulier, peut être surmonte de deux tablettes et servir de vaisselier, les assiette, étant placées d'avant en arrière et n'ayant pas besoin de galerie de soutien.
Au-dessus, une large corniche supporte les pots d'étain. Parmi les buffets-vaisseliers, le plus caractéristicluL est le « séage ».
Dans le corps inférieur, les portes centrales sont supprimées et remplacées par des tablette, Sur lesquelles on plaçait des jattes et des pots. Du chaque côté de cette cavité, une porte d'un seul panneau.
légèrement moulurée. Le corps du bas est un vaisselier a trois ou quatre tablettes, sans balustre et sans toit.

Les lits
Les plus anciens sont des lits demi-clos de,tinés à être placés dans les alcôves et, de ce fait, assez rarement décorés.
Mais on trouve surtout des lit mobiles dont les deux dossiers (chevet et pied du lit, sont très hauts ils supportaient un baldaquin de tissu et décorés souvent d'emblèmes stylisés.

Les sièges
Les chaises et fauteuils flamands sont d'inspiration Louis13: pieds à colonnes torsc, dossiers hauts et pleins ou à barreaux plats, aux contourondulés.
On trouve en Picardie des fauteuils bonnefemme, ils ont les pieds tournés et leurs dossiers sont assez fortement inclinés vers l'arrière.

A savoir
on trouve parfois des crédences et des dressoirs aux pieds droits et aux montants rectiligne, dont la base supporte une sorte de petit coffre à deux portes très ornées.
Sur la traverse inférieure est placée une simple étagère.
« L'archelle » est une étagère munie d'un toit dont la corniche est très décorée.
A sa base, des crochets de cuivre sont destinés à supporter les pots d'étain.