Le meuble ancien Provence

L'habitat paysan, en Provence comme partout, avait pour centre la salle commune qui faisait office de cuisine, de salle à manger et de pièce de réception, mais on n'y couchait pas et l'absence de lit permettait d'introduire des petits meubles, de formes et d'utilisations diverses, qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Le style Louis15 a profondément influencé le mobilier provençal, déjà riche d'une très ancienne tradition, il lui a donné une élégance et une joliesse qui, soulignées par l'emploi de bois très clairs (noyer et cerisier), en font l'un des plus recherchés aujourd'hui.

Les armoires.
Elles sont, d'habitude, de deux types assez nettement différents.
Les plus anciennes sont dites, armoires de Fourgues: montants arrondis, corniche cintrée, traverse inférieure découpée, ce modèle se reconnaît surtout à la sobriété de son ornementation: jamais de sculptures, mais la mouluration des portes, très souple, sinueuse et profonde, est accompagnée de ressauts.
Les portes, en outre, sont posées en nette saillie et pivotent sur trois gonds très travaillés, ornés d'olives, elles se composent, en général, de trois panneaux:
celui du centre est composé en oblique, comme en Normandie.
Les ferrures sont d'habitude larges et très ciselées.
L'autre modèle d'armoire, dit « fleuri», conserve la même ligne générale mais une décoration de style Louis15-Louis16 "fleurs, fruits, amours, symboles" envahit le fronton, les portes, la traverse inférieure et, le faux dormant vertical qui est le plus souvent partie intégrante de la porte de droite.
Le motif central de la corniche prend un relief très accentué.
Ni dans l'armoire "de Fourques" ni dans l'armoire "fleurie" on ne trouve de tiroir inférieur.
Les pieds de ces deux modèles sont galbés et ornés de volutes.

Les buffets
Le buffet-vaisselier n'existe pas en Provence.
Mais le buffet bas, ou "crédence", est très répandu et d'un type particulier.
Le corps inférieur est généralement muni de deux portes, décorées de moulures sinueuses et profondes.
Le centre des panneaux est uni. Les pieds sont galbés, la traverse inférieure découpée et décorée de motifs Louis XV.
La traverse supérieure surmonte un ou deux tiroirs.
Les bords du plateau sont chantournés.
Les gonds et les entrées de serrure sont très importants et travaillés.
Ce corps du bas supporte un petit buffet beaucoup moins haut (un quart ou un tiers de la hauteur du buffet inférieur) et moins large, qui se ferme généralement par des panneaux à=lissière.
Au centre, deux minuscules portes ouvrent sur un coffret que l'on appelait le "tabernacle".
Le buffet garde-manger, ou "manjadou", a la forme d'une armoire à une porte.
Un panneau de la partie supérieure est ajouré, au moyen de minces fuseau tournés.
Il y a souvent un tiroir au-dessus de la traverse inférieure.
L'ornementation est assez hétéroclite, car lu manjadou est un meuble du 14ème siècle et tous les style, antérieurs s'y rencontrent.

Les lits
Le modèle le plus répandu est simple et bas.
Les montants sont courts. Ceux du chevet soutiennent un panneau de tête festonné et parfois mouluré.
Les sièges
Les plus anciens sont les chaises marseillaises dont le siège et parfois le dossier sont tendus de corde.
Les plus courants sont les chaises paillées qui ont des pieds en balustre, arrondis et fuselés, et dont le dossier comporte trois traverses.
La traverse de façade, moulurée ou tournée, est souvent ornée d'un motif central (disque, olive, par exemple).
Les fauteuils sont assez caractéristiques : les balustres fuselés (lui soutiennent ieurs accoudoirs sont indépendants des pieds antérieurs du siège et su plantent dans la paille.
Il existe aussi de nombreux canapés à huit ou dix pieds et à trois ou quatre dossiers qui ont l'air de fauteuils accolés. Le sofa est un divan bas, sans bras ni dossier. destiné aux vestibules.

A savoir
les pétrins provençaux sont souvent de beaux meubles, supportés par quatre pieds galbés, et ceinturés de panneaux découpés et ornés.
La panetière a connu en Provence un succès éclatant.
C'est un coffre dont trois panneaux sont ajourés au moyen de balustres tournés.
Au début, il reposait sur le sol, par la suite, on l'accrocha au mur, mais il conserva ses pieds qui devinrent purement ornementaux.
Pour l'équilibrer, on ajouta au-dessus de sa traverse supérieure des bobèches et des panaches tournés en nombre variable (jusqu'à dix parfois).
Sa façade est souvent galbée au centre, une petite porte à serrure est décorée de motifs floraux et de fines moulures.
On accrochait également aux murs différents petits meubles: boite à sel, boîte à farine, "l'escudelie" ou étagère à poterie, "l'estagnié" ou étagère à étain.
La plupart étaient décorés et, comme la panetière, avaient conservé leurs pieds.
Commonde provencale louis15 Les commodes sont assez courantes en Provence.
Leurs façades sont toujours galbées, certaines présentent une suite de mouvements alternés, convexe et concave, les divisant en trois panneaux (celui du centre restant plus étroit).
La cantonnière est une sorte de buffet à deux corps, très étroit et toujours destiné à une encoignure.
Le corps supérieur peut avoir la hauteur d'une petite armoire.
Généralement cintrées et galbées, les cantonnières sont rarement décorées.
De fines moulures encadrent les vantaux des deux corps.